4ᵉ dimanche du temps ordinaire (A)

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  • Dernière modification de la publication :1 février 2026

2026 02 01 OIP (1)

Homélie du Père Emmanuel-Marie :

Dans ce célèbre sermon sur la montagne, le Seigneur nous présente huit portes d’entrée pour s’emparer du bonheur du ciel dès cette terre. Et, comme pour les 10 commandements, la première porte ouvre toutes les autres. La première vertu, qui est la pauvreté de cœur, est le fondement de toutes les autres vertus : « Heureux les pauvres de cœur, car le Royaume des cieux est à eux ». La pauvreté de cœur nous ouvre tout grand le Royaume qui est le but de notre existence. « Cherchez d’abord le Royaume, dit Jésus, et tout le reste vous sera donné par surcroît. »

Qu’est-ce qu’on entend par pauvreté du cœur ? « L’humilité », nous disent les pères de l’Église. L’humilité n’est pas la dépréciation de soi qui nous ferait rester dans l’ombre, par peur de s’impliquer ou de se confronter aux autres. « Humilité » vient du mot « humus », qui nous rappelle le récit de la création dans la Genèse. C’est à partir de l’humus du sol que Dieu nous a fait homme. L’humilité consiste donc avant toute chose à reconnaître que nous recevons de Dieu notre existence et notre consistance. Être humble, c’est reconnaître notre condition de créature et donc notre dépendance à Dieu. C’est avoir une juste relation à Dieu, et par là même aux autres. Une personne humble loue Dieu dès le matin, pour la vie qu’il lui donne, sans mérite de sa part, et elle s’en remet à Lui pour toute sa journée car elle sait que Dieu lui donne tout. Ste Bernadette, qui a vu la Sainte Vierge, dira : « La Ste Vierge m’a ramassée comme un caillou » et quand elle apprend qu’on vend son effigie, à Lourdes, avec humour, elle dit : « Dix centimes, c’est bien ce que je vaux. » Elle ne le disait pas pour se déprécier, mais parce qu’elle avait conscience d’avoir tout reçu de Dieu, et de n’être rien sans Lui. C’est ça l’humilité ! C’est cela la pauvreté de cœur.

Quand on a cette conscience d’être aimé de Dieu, inconditionnellement, et d’être appelé à hériter sa gloire éternelle, on relativise bien des choses ici-bas. On se supporte soi-même avec ses faiblesses, parce qu’on sait qu’il n’y a pas de péchés qui ne puissent être pardonnés, et que si notre repentir est sincère, le Seigneur nous guérit et nous purifie. Et, de même, quand on fait l’expérience de la patience de Dieu à notre égard, on ne peut que grandir en patience à l’égard des autres. La personne humble apprend donc forcément la douceur, elle recherche la justice, la paix, la miséricorde. Sa juste relation à Dieu fait qu’elle s’efforce de Lui obéir et de Lui plaire dans son 1er commandement qui est le commandement d’amour. Et, enfin, l’humble tient bon dans les larmes et les persécutions de toutes sortes parce qu’il adore Jésus crucifié, parce qu’il sait que le serviteur n’est pas au-dessus de son Maître, et que l’Amour crucifié sauve le monde. « Recherchons donc l’humilité », fondement de la sainteté, et nous serons à l’abri de tout ce qui peut mettre notre âme en danger ; nous savons que le plus grand danger. Il est au dedans de nous. Comme le dit le prophète Sophonie : « Nous pourrons paître et nous reposer, nul ne viendra nous effrayer ; et avec le psalmiste nous pourrons chanter que vraiment « le Seigneur fait justice aux opprimés, qu’Il donne du pain aux affamés, qu’Il délie les enchaînés, qu’Il redresse les accablés, qu’Il protège l’étranger, qu’Il soutient la veuve et l’orphelin, qu’Il est notre Dieu pour toujours. » » Amen