25ᵉ dimanche du temps ordinaire (A)

  • Auteur/autrice de la publication :
  • Dernière modification de la publication :22 septembre 2026

2026 09 20

Homélie du Père Emmanuel-Marie :

En une phrase st Paul nous dit ce qui fait le chrétien. Il dit aux philippiens : « pour moi, vivre, c’est le Christ, et mourir est un avantage » et il ajoute : « mais à cause de vous, demeurer en ce monde est encore plus nécessaire ». Quand il dit : « Pour moi vivre c’est le Christ, il exprime sa foi. Quand il dit : « « et mourir est un avantage » il exprime son espérance du Royaume ; et quand il dit : « « mais à cause de vous, demeurer en ce monde est encore plus nécessaire », il exprime sa charité. Foi, espérance, Trois vertus qui font le chrétien. On les appelle « théologales » parce qu’elles sont infusées par Dieu et qu’elles nous tournent vers Lui. Des trois, la charité est la plus grande, parce qu’elle est la finalité de l’œuvre de Dieu ; elle doit commencer ici-bas et s’achever dans l’éternité du Royaume.

L’Évangile quant à lui, nous montre comment se préparer à ce Royaume : en se faisant embaucher par Dieu, c’est-à-dire en travaillant à sa Vigne, à l’œuvre de Dieu qui est de sauver le monde. Si l’homme pense y arriver par lui-même, il se leurre, car le prince du Mensonge est à l’œuvre, pour couper l’homme de sa Source qui est Dieu, et pour en faire son jouet, sans même s’en rendre compte. Ce travail pour Dieu, c’est le Saint-Esprit qui en est le véritable Maître d’œuvre. Il souffle où il veut, certes, mais c’est en l’accueillant dans la prière et la pratique des sacrements, qu’il peut établir sa demeure dans nos cœurs, en vue de les transformer.  

Que fait le Saint-Esprit depuis notre baptême ? Il infuse la foi, l’espérance, et la charité, pour que nous aimions Dieu comme Il nous aime, jusqu’à perdre notre vie. Pour ce faire, il nous fait immanquablement expérimenter notre faiblesse, pour nous révéler son infinie tendresse de Père. Il nous convainc à la fois de la profondeur de notre misère et de l’abîme de Sa miséricorde. Il ne veut pas que nous le craignions comme un cheval craint la cravache de son maître, il veut que nous mettions en lui notre confiance (la confiance synthétise foi, espérance et charité) et il veut que nous soyons des mendiants de son pardon et de sa bénédiction paternelle et que nous cultivions le désir de lui plaire.

Cette pièce d’argent donnée à tous les ouvriers de la vigne, quelle que soit l’heure de leur embauche, qu’est-ce qu’elle représente ? — Le Saint-Esprit ! C’est-à-dire l’Amour. L’Amour de Jésus, l’Amour du Père. C’est le plus beau des salaires, qui comblera chacun au-delà de ses espérances surtout s’il se considère comme ne méritant rien et comme devant tout de l’infinie bonté de Dieu. En réalité, nous sommes tous des ouvriers de la dernière heure, car en chacun de nous, il y a quelque chose qui résiste à Dieu, qui ne veut pas se donner, et c’est pourquoi nous n’avons jamais fini de nous convertir. C’est celui qui se convertit chaque jour qui rayonne le Saint-Esprit, et celui qui rayonne, permet à Dieu d’embaucher par son intermédiaire. « Personne ne nous a embauché… » disent ces ouvriers de la dernière heure. Plus nous rayonnerons la paix et l’amour du Christ, plus il y aura d’embauche dans la Vigne du Seigneur, car le véritable amour est contagieux, il est même irrésistible. Convertissons-nous chaque jour et nous ne travaillerons plus pour nous-mêmes, mais pour Lui qui nous a tout donné.