18ᵉ dimanche du temps ordinaire (A)

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  • Dernière modification de la publication :3 août 2026

2026 08 02 OIP

Homélie du Père Emmanuel-Marie :

Jésus rassemblait des foules qui étaient tellement saisies par sa Parole, par son message d’amour et par la puissance de guérison qui se dégageait de lui, qu’ils en oubliaient de manger. Aujourd’hui, c’est l’inverse qui se passe, dans notre société moderne : on est tellement accaparé par des soucis de tous ordres, d’incertitudes, de peurs, d’angoisses, qu’on en oublie le Seigneur et la nécessité de se nourrir de sa Parole et de sa Vie.

Jésus est Dieu, et Dieu est un Père qui nourrit ses enfants ; il les nourrit de tout ce dont ils ont besoin, pour leur âme d’abord, c’est pourquoi il prend le temps de les enseigner du Pain de sa Parole qui est Esprit et Vie ; mais Dieu s’occupe aussi de notre corps et de nos besoins matériels. On ne peut séparer l’âme et le corps ; Les disciples pensent qu’il est temps de disperser la foule pour qu’ils puissent se nourrir chez eux, mais Jésus ne le voit pas ainsi. Ils sont venus à Lui, or la Vie que Dieu nous donne, n’est pas une vie désincarnée, purement spirituelle, c’est une vie qui intéresse aussi nos corps, appelés à ressusciter.

Jésus dit : « donnez-leur vous-mêmes à manger » Il ne veut pas agir seul pour accomplir le salut du monde. Il veut rendre les apôtres participants de son œuvre. Les apôtres et plus largement l’Église des baptisés. « Donnez-leur vous-mêmes à manger ». L’Église, Peuple de Dieu, a la mission de rendre visibles l’action du Seigneur, les miracles de salut, même si cela se fait à travers une apparente pauvreté. C’est d’ailleurs la réaction des disciples : nous n’avons que cinq pains et deux poissons !

Autrement dit : « tu nous demandes l’impossible ! » Que sont cinq pains et deux poissons pour toute cette foule ! Mais l’Église a commencé ainsi comme ces cinq pains et ces deux poissons dérisoires face à la foule des païens ; deux millénaire plus tard, elle est toujours là, elle s’est étendue aux dimensions de la planète, mais elle reste toujours aussi vulnérable face à un monde néo-païen qui présente tous les signes de la décadence morale, sous l’égide des puissances d’argent, mais comme le dit saint Paul : « en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à Celui qui nous a aimés, car « rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur. »

« Apportez-les moi ici » dit Jésus : tant qu’il y aura des chrétiens fidèles à obéir à la parole du Christ, et à s’en remettre à Lui en toute circonstance, Dieu aura le dernier mot par le miracle de sa miséricorde. Il rendra possible l’impossible. Cette multiplication des pains et des poissons, nous renvoie au miracle de la Sainte Eucharistie qui incarne l’Alliance nouvelle et éternelle en Jésus-Christ, cet amour gratuit que nous annonçait le prophète Isaïe dans la première lecture et dont rien ne pourra nous séparer : aucun État totalitaire, aucune dictature, aucune force destructrice ; l’amour dont nous sommes aimés à un degré insoupçonné, fait de nous les êtres les plus libres et les plus riches du monde, car porteurs de l’espérance merveilleuse que si nous souffrons avec Lui, avec Lui nous vivrons. Amen