24ᵉ dimanche du temps ordinaire (A)

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  • Dernière modification de la publication :15 septembre 2026

2026 09 13 OIP

Homélie du Père Emmanuel-Marie :

Jésus nous parle aujourd’hui de la nécessité du pardon, « jusqu’à 70 fois 7 fois » c’est-à-dire toujours, sans se lasser. Il y a derrière un grand enjeu, celui de la paix : la paix de notre cœur, la paix dans nos familles, nos communautés, nos nations et finalement la paix entre les nations. Quand nous cessons de pardonner, alors s’installe dans notre cœur « colère et rancune » et nous avons entendu ce qu’en dit Ben Sira le Sage : le Seigneur tient ces choses pour « abominables », parce qu’elles endurcissent le cœur.

Laisser la colère, la rancune, l’amertume s’installer, revient à contrister l’Esprit Saint et à donner prise au diable. St-Paul dit aux éphésiens : « Ne contristez pas l’Esprit Saint qui vous a marqué de son sceau pour le Jour du Salut, mais faites disparaître de votre vie tout ce qui est amertume, emportement, colère, éclat de voix et toute espèce de méchanceté » (Eph 4, 30) Jésus est notre paix. Si nous perdons la paix, parce que nous consentons à la colère et à la rancune, sans lutter contre elles par la prière et les sacrements, particulièrement la confession, c’est Jésus que nous perdons, c’est sa miséricorde.

Pourtant, nous rappelle St-Paul aux Romains (14, 8), « nous appartenons au Seigneur dans notre vie comme dans notre mort », cela signifie que nous sommes totalement dépendants de Lui, que nous lui sommes redevables en tout. Si nous cultivons un mauvais cœur, en refusant de pardonner, nous nous exposons au Jugement de Dieu. Quand Il viendra, si nous n’avons pas pardonné, Il nous rappellera la dette considérable que nous avons envers lui, et il nous semblera normal de nous en acquitter. C’est le sens du Purgatoire.

Vous connaissez ce dialogue que Lucie de Fatima (11 ans) eut avec la Vierge en 1917 ? Quand Marie lui dit : « je viens du ciel », elle lui demande spontanément si l’amie de sa sœur, Maria, récemment décédée est au ciel. Elle lui répond oui ; « et Amélia son autre amie ? », décédée, elle aussi,, la Vierge lui répond plus gravement : « elle est au purgatoire jusqu’à la fin du monde »… Elle est donc sauvée, mais au prix d’une longue et pénible purification. À la lumière de l’Évangile d’aujourd’hui, on peut supposer qu’elle est partie le cœur fermé, peut-être par la colère, la rancune, l’amertume, le refus de pardonner ?

Souvent, on entend dire : « je veux bien lui pardonner, mais qu’il commence par me demander pardon et par réparer l’offense qu’il m’a faite. »… C’est humainement compréhensible, mais le chrétien en qui le Christ vit, n’est-il pas appelé à une vie surnaturelle ? Et si ton frère a reçu moins de lumière que toi et qu’il ne voit pas son péché, et s’il se sent lui-même offensé, tu pourras attendre longtemps… et la rancune accumulée endurcira ton cœur. Alors que si nous consentons au pardon inconditionnellement, le Seigneur guérira notre blessure. Comment pardonner quand la blessure est profonde ? En priant pour notre persécuteur. St-Augustin a cette parole éclairante : « Il t’a offensé, et en t’offensant, il s’est fait une profonde blessure : n’as-tu aucun souci de la blessure de ton frère ? (…) Oublie donc l’injure qui t’est faite, mais non pas la blessure dont souffre ton frère ». Pardonnons toujours, ne gardons rien, et le ciel sera avec nous, et un jour prochain, le Seigneur nous ouvrira ses bras de miséricorde. Amen