20ᵉ dimanche du temps ordinaire (A)

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  • Dernière modification de la publication :16 août 2026

2026 08 16 OIP

Homélie du Père Emmanuel-Marie :

Une cananéenne, une femme étrangère à la loi de Moïse, sollicite le secours de Jésus pour sa fille tourmentée par un démon ; « Prends pitié de moi, Seigneur, Fils de David ». Fils de David, une expression hébraïque qui désigne le Messie, ce qui veut dire que cette étrangère reconnaît en Jésus le Messie et qu’elle a donc un minimum d’instruction. Jésus réagit par le silence, non par mépris, mais pour mettre en évidence sa foi persévérante. « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens… ». Étonnante parole de Jésus qui n’est pas une réprimande adressée à une femme traiterait mieux ses chiens que ses enfants… les petits chiens désignent les païens dans le jargon hébraïque de l’époque ; et les enfants ce sont les juifs, qui ont reçu la Révélation du Dieu unique ; et le pain, c’est le Christ. Autrement dit, ce n’est pas encore le moment pour le Christ de se révéler aux païens. Il a d’abord été envoyé aux brebis perdues d’Israël, qui ont été préparées pour accueillir le Messie. Hélas, nous savons que la plupart d’entre eux resteront fermés à Sa Parole. Alors, le Seigneur se tournera vers les païens, et pour cela, Il se choisira un juif bien pratiquant, Saul de Tarse, persécuteur des premiers chrétiens, et il va changer son cœur sur le chemin de Damas, pour en faire le grand apôtre des nations, le grand st Paul.

C’est lui qui nous dit dans son épître aux Romains que l’endurcissement d’Israël entre dans un dessein mystérieux de miséricorde qui verra le relèvement d’Israël car « les dons de Dieu sont sans repentance ». C’est-à-dire que ce que Dieu donne, il ne le reprend pas. St-Paul annonce dans ce chapitre 11, un temps futur, glorieux, où la synagogue et l’Église, se retrouveront dans une même communion de foi, et ce sera « comme une résurrection des morts ». On ne peut pas raisonnablement imaginer une telle perspective sans qu’ait lieu une sorte de « Pentecôte universelle », où les hommes seront visités comme l’a été Saul de Tarse. Jésus a dit à Ste-Faustine : « Avant de venir comme juste Juge, je viens comme Roi de miséricorde » « Préparez-vous à mon 2d Avènement ». Nous attendons cette revanche de Dieu qui fera miséricorde à toutes les âmes de bonne volonté, toutes religions confondues. Personne n’échappera à cette mise en lumière des consciences… Nous avons entendu st Paul nous dire : « Dieu a enfermé tous les hommes dans le refus de croire pour faire à tous miséricorde » Quelle espérance pour notre génération si enténébrée !

La miséricorde de Dieu précède sa justice, comme on le voit avec la cananéenne. Bien que païenne, et bien que ce ne soit pas encore l’heure d’éclairer les païens, il se laisse toucher par « ce petit chien » qui montre sa confiance audacieuse. Voulons-nous que sa miséricorde infinie se répande sur nos proches, nos familles, nos communautés, notre nation ? Faisons comme la cananéenne, poursuivons Jésus de nos cris, de nos supplications, mais avec la même foi qu’elle ; cette foi qui touche le Cœur du Seigneur, parce qu’elle est pleine de confiance en la miséricorde de Dieu, et parce qu’elle jaillit d’un cœur humble (qui ne s’afflige pas d’être comparée au petit chien, parce qu’elle se reconnaît pécheresse, et indigne de sa grâce), et enfin parce qu’elle est persévérante (malgré tous les obstacles, et toutes les raisons de penser que tout est perdu). C’est quand tout semble perdu que Dieu intervient pour nous faire miséricorde.