
Homélie du Père Emmanuel-Marie :
On est frappé de la tendresse qui se dégage de cet Évangile. On sent combien Jésus aime ses disciples avec la tendresse d’une mère ! Il les console de son départ en leur disant qu’il part leur préparer une place où chacun trouvera son bonheur auprès de lui, car « il y a beaucoup de demeures dans la Maison du Père ». « Je reviendrai pour vous prendre avec moi, afin que là où je suis, vous soyez aussi. « Ne soyez donc pas bouleversés ! ». Il sait que leur plus grand bonheur, c’est d’être avec lui.
« Tu nous as fait pour toi Seigneur et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi » s’exclame st Augustin. La vie est une lutte, un combat, contre l’Adversaire, contre les tentations, contre le risque de s’installer dans nos mauvaises habitudes, dans nos égoïsmes, et de se laisser dériver au gré du courant de l’esprit du monde. Le Seigneur connaît les dangers qui nous guettent, c’est pourquoi il veut être proche de chacun de nous.
Nous nous approchons d’autant plus volontiers de Dieu, que nous sommes convaincus de la tendresse dont il nous aime. Nos péchés lui causent du tourment, non de la colère, le tourment de nous voir en danger. Quand je dis cela, je parle du Christ, de son humanité qui a pris sur lui tous nos péchés. Sa colère, c’est sa justice devant notre obstination à ne pas le suivre, mais en Dieu, il n’y a aucun sentiment de vengeance, car il nous aime avec le cœur d’une mère, une mère qui veut rassembler ses petits auprès de lui, c’est-à-dire en lieu sûr.
Quand nous traversons des épreuves, rappelons-nous cette douce parole de Jésus : « Je vous prépare une place, et je reviendrai pour vous emmener auprès de Moi ». La question à se poser, c’est : le désirons-nous ? Si ma réponse, c’est « oui mais le plus tard possible »… C’est qu’il y a quelque chose que je n’ai pas compris : le ciel c’est le couronnement de ma vie. C’est la Vie en plénitude, comblée par la Présence vivante de Jésus et du Père puisque « Celui qui m’a vu, a vu le Père ». Dieu le Père brûle du désir d’être tout en tous, sans barrière ni distance. Les barrières et les distances, c’est nous qui les mettons, influencé par l’Ennemi ; Dieu, Lui, veut que nous nous jetions dans ses bras comme des petits enfants. Si ma réponse, c’est : « oui, mais le plus tard possible » c’est que Jésus n’est pas encore suffisamment présent dans mon cœur. Car avant d’hériter le ciel, je dois apprendre à vivre le ciel sur la terre, c’est-à-dire vivre de l’Esprit de Jésus.
Demandons au Saint-Esprit qui est l’Amour du Père et du Fils de se déverser en nous et de dilater nos cœurs au maximum pour être de grands vases remplis d’amour afin d’apporter notre pierre à l’édifice du salut du monde. Quel bonheur de pouvoir contribuer avec le Christ à sauver des âmes ! Cela requiert de notre part cinq principaux engagements : celui de la prière au quotidien, de la lecture amoureuse de sa Parole, de la communion fréquente à Sa Sainte Eucharistie, de la confession une fois par mois et du jeûne au sens large qui est l’esprit de sacrifice. Si nous nous y appliquons avec amour, nous serons les plus heureux des hommes, car le ciel sera en nous et quand l’heure viendra, nous n’aurons plus qu’à nous jeter dans les bras de la miséricorde divine.