
Homélie du Père Emmanuel-Marie :
Les cendres que nous allons recevoir dans quelques instants sur le front nous rappellent que notre vie d’ici-bas, marquée par la vanité, par le péché, est vouée à disparaître, parce que le péché conduit à la mort. Miser sur cette vie imparfaite comme si elle était notre seule ambition, a quelque chose d’insensé et de morbide. Seul le Christ nous offre un avenir, car Il nous donne sa vie incorruptible, sa vie éternelle, en nous faisant passer par sa mort et sa résurrection. La vie éternelle se reçoit du Christ et de lui seul, en faisant le choix libre de miser sur Lui et sur sa Bonne nouvelle de miséricorde : « revenez au Seigneur votre Dieu, car Il est tendre et miséricordieux », nous dit le prophète Joël.
Recevoir le baptême, c’est être consacré à Dieu et recevoir cette vie éternelle de fils et filles de Dieu, mais comme je le disais en commençant cette célébration, l’esprit du monde peut nous conduire à stériliser la vie de la grâce en nous. St-Paul supplie ses frères chrétiens de Corinthe de « ne pas laisser sans effet la grâce reçue de lui »… Nous pouvons laisser se dessécher le germe du salut reçu au baptême, en nous laissant progressivement contaminer par l’esprit du monde. Ce n’est pas le monde en lui-même qui est mauvais, mais l’esprit (ou les esprits) qui le régentent. Trois principaux esprits régentent le monde : Asmodée, qui régente les péchés de luxure, Belzéboul qui régente les forces occultes de la magie, noire ou blanche, et Mammon qui nous rend dépendant du pouvoir de l’Argent, des biens matériels, du confort, de la réussite.
Les démons sont puissants ; s’ils nous tiennent dans leurs filets, nous n’avons pas en nous-mêmes la force de les combattre. Seul le Christ nous rend victorieux de Satan et de ses œuvres. Il nous faut donc revenir à lui de tout notre cœur, « dans le jeûne, les larmes et le deuil » c’est-à-dire dans le repentir sincère. L’essentiel, c’est Dieu qui le fait, mais à condition que nous le suivions de près ; c’est pourquoi notre première résolution de carême, doit être de nous rapprocher de Dieu, de rechercher sa Sainte Présence, de l’adorer, de le supplier comme le fait le psalmiste : « Pitié pour moi mon Dieu dans ton amour… lave-moi tout entier de ma faute ; purifie-moi de mon offense… ». Ayons le courage de nous confesser au prêtre pour avoir l’assurance d’être purifiés.
Prenons les armes du jeûne, de la prière et de l’aumône, non pas pour nous regarder accomplir des exploits, ce serait encore céder à la vanité du monde, mais faisons pénitence c.-à-d. Ayons l’ardeur nécessaire pour aimer Dieu et pour rechercher son bon plaisir. Amen