Dimanche de la Sainte Famille (A)

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  • Dernière modification de la publication :31 décembre 2025

2025 12 28 sainte famille .

Homélie du Père Emmanuel-Marie :

Pour fêter la Sainte Famille, la liturgie nous propose la fuite en Égypte. Une situation qui nous renvoie à l’actualité dramatique que vivent tant de familles exilées. On est frappé dans cet évangile de voir combien Dieu conduit les événements et combien Joseph et Marie sont abandonnés entre Ses Mains. Joseph obéit à la parole de l’Ange sans se laisser gagner par l’inquiétude. Jésus est avec eux ; là est l’essentiel ! Joseph est l’interlocuteur de Dieu parce qu’il est le chef de famille, et que c’est à lui que revient l’ultime décision après le temps de la concertation à deux. L’époux incarne l’autorité divine dans le foyer, mais une autorité qui n’a pas besoin de dominer pour s’imposer, car c’est un service vécu dans l’amour. Marie, quant à elle, fait confiance à son époux dont elle sait qu’il est un homme juste, c’est-à-dire ajusté à Dieu. La première qualité de Joseph, comme celle de tout père de famille, est d’être avant tout à l’écoute de Dieu pour être ajusté à la volonté divine. Le mariage est une Alliance à trois dans laquelle Dieu s’engage à conduire les événements dans le sens de ce qui est bon pour tous. En étant à l’écoute de Dieu, l’époux, le père de famille devient serviteur d’un projet divin qui le dépasse ; mais à condition qu’il s’abandonne à Dieu, et qu’avec son épouse il recherche sa présence et sa volonté divine dans la prière.

C’est bien ce que nous dit St Paul : « Vivez dans l’action de grâce, (…) chantez à Dieu votre reconnaissance par des psaumes, des hymnes et de libres louanges, et que tout ce que vous dites, tout ce que vous faites, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus. » La prière peut être « un simple élan du cœur vers Dieu, un regard jeté vers le ciel », comme le dit sainte Thérèse; l’important est d’avoir le cœur tourné vers Dieu. Le cœur et non la tête, pour que notre agir devienne l’agir de Dieu. Pour honorer nos parents, nous avons besoin du secours de sa grâce ; pour ne pas exaspérer nos enfants, nous avons besoin du secours de sa grâce.

Les fruits de cet agir de Dieu en nous sont des fruits de bonté, de tendresse, de douceur, de patience, de bienveillance, de promptitude à pardonner. Si ces fruits font défaut, c’est que notre relation à Dieu, au Christ, a besoin de s’approfondir. « Heureux qui craint le Seigneur et marche selon ses voies », dit le psaume. Cela suppose que la Parole de Dieu devienne notre nourriture et notre règle de vie. Alors, on ne se pose plus la question de savoir s’il faut ou non se marier à l’église, s’il faut ou non accueillir l’enfant à naître, s’il faut le baptiser, l’éduquer dans la foi, s’il faut honorer ses vieux parents. Le Seigneur qui est bien vivant en nous, nous dit ce qui est juste ; mais cherchons-le avec sincérité, dans une prière quotidienne, pénétrée d’action de grâce, et nourrie de la Sainte Eucharistie le plus souvent possible. Amen