
Homélie du Père Emmanuel-Marie :
L’Évangile de Jean rapporte que Jésus ressuscité apparut aux disciples, enfermés dans le Cénacle, le soir du premier jour de la semaine (Jn 20, 19), donc le dimanche, et qu’il se montra à eux, au même endroit, le dimanche suivant. C’est ainsi que s’est instauré dans la communauté chrétienne le rythme hebdomadaire de la célébration du dimanche, jour de l’apparition du Ressuscité. C’est le Seigneur qui, le premier, a instauré ce rythme.
Saint Jean rappelle également qu’au cours des deux apparitions, le Seigneur montra aux disciples les signes de la crucifixion, bien visibles sur son corps glorieux. Il leur montre les marques de ses plaies transfigurées, parce que c’est de là que jaillit sa miséricorde infinie et que c’est par l’adoration de ce qu’il a souffert pour nous par amour, que nous trouvons la guérison. C’est ce que signifie ce tableau du Christ miséricordieux que nous avons mis à l’honneur comme l’a demandé le Seigneur à son Église par l’entremise de sainte Faustine.
Parce que les apôtres sont lents à croire, Jésus donne à l’apôtre Thomas la possibilité de toucher ses Plaies, pour les aider à passer du doute à la foi. La foi en la divinité du Christ qui est ressuscité, par sa propre puissance, étant un seul Dieu avec le Père et l’Esprit Saint. « Mon Seigneur et mon Dieu ! » s’exclame Thomas, tombant à ses pieds. Il comprend que la Toute-Puissance divine est avant tout, puissance d’amour et de miséricorde, qui va jusqu’à se laisser blesser, jusqu’à souffrir et mourir, jusqu’à donner sa vie par amour pour les hommes.
Nous ne valons pas mieux que Thomas. Nous aussi, nous avons besoin de toucher le Cœur transpercé et transfiguré de Jésus. Et c’est ce que nous faisons à la messe au moment de la communion. C’est bien le Cœur transpercé et transfiguré de Jésus que le prêtre tient dans ses mains et que nous touchons à notre tour au moment de la communion. Et nous pouvons comme Thomas nous écrier : « Mon Seigneur et mon Dieu ! ». Il nous est aussi donné de pouvoir toucher les blessures de Son Corps mystique, en considérant les souffrances du Peuple de Dieu, et même de l’humanité toute entière appelée à en faire partie. Quelle ampleur prennent ces souffrances en ces temps, où l’on ne parle pas seulement de guerres, mais de génocides, de crimes contre l’humanité, de droit à l’avortement inscrit dans la constitution, d’euthanasie. On a perdu jusqu’au sens du péché, mais dit l’Écriture : « où le péché abonde, la grâce surabonde ! » Cela doit nous stimuler à mettre notre confiance en la miséricorde infinie de Dieu, et à lui crier devant ces constats tragiques : « Mon Seigneur et mon Dieu ! Miséricorde pour les pécheurs » Nous pouvons être canal de cette miséricorde par notre intercession et par notre conversion qui consiste à croire sans voir : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu »
Devant les plaies du monde, on peut être tenté de se révolter, et de tourner le dos à Dieu, ou encore de désespérer de la vie, mais celui qui vit sous le regard du Dieu de miséricorde, sait bien que le Malin est vaincu et que le dernier mot revient à Dieu. Gardons nos lampes allumées avec au cœur ces paroles réconfortantes que le Christ nous adresse : « la paix soit avec vous ! » La paix de Dieu est sa bénédiction pour tous les hommes, le fruit de sa miséricorde qu’il communique à ceux qui placent en Lui leur confiance. « Jésus, j’ai confiance en toi ». Que la Vierge Marie, Mère de Miséricorde, soit notre Refuge, et qu’elle nous introduise dans le Cœur tendre et Miséricordieux de Son Fils Jésus, où règne la paix d’en haut, cette paix qu’Il veut répandre, avec notre concours, d’une extrémité à l’autre de la terre.