5ᵉ dimanche de carême (A)

  • Auteur/autrice de la publication :
  • Dernière modification de la publication :22 mars 2026

2026 03 22 OIP (1)

Homélie du Père Emmanuel-Marie :


Depuis plusieurs dimanches, nous est rappelé le sens de notre baptême : Nous avons eu la Samaritaine avec le don de « l’eau vive jaillissant en vie éternelle » ; nous avons eu dimanche dernier, Jésus « lumière du monde » qui guérit l’aveugle de naissance, et aujourd’hui, la résurrection de Lazare où Jésus se présente comme « la résurrection et la vie ».

L’eau, la lumière, la vie, sont les symboles du baptême ; le baptême est le sacrement qui nous plonge dans le mystère de la mort et de la résurrection du Christ ; nos pauvres corps sont voués à la mort à cause du péché, mais ils renaîtront à la vie par l’Esprit de Dieu qui nous est donné. Nous ne ressusciterons pas comme est ressuscité Lazare qui a connu deux fois la mort ; quand nos corps ressusciteront, ce sera pour ne plus jamais mourir ! « On ne meurt qu’une fois, après quoi vient le jugement » dit l’épître aux hébreux, ce qui exclue la théorie de la réincarnation qui reste très présente dans le courant du New-age.

La résurrection de Lazare, qui est un retour à la vie présente après une mort clinique évidente, est un signe pour accréditer l’autorité de la parole de Jésus : «  Moi Je suis la Résurrection et la Vie, Celui qui croit en Moi, même s’il meurt vivra ; et celui qui vit et croit en Moi ne mourra jamais. » Pour que les hommes adhèrent à cette parole à peine croyable, Jésus accomplit ce signe prodigieux qu’aucun prophète n’a jamais accompli, à savoir : redonner vie à un corps en décomposition depuis quatre jours.

Quand Jésus pleure son ami Lazare, c’est l’Homme-Dieu qui pleure ; sa nature humaine pleure son affection pour son ami, sa nature divine, voit la mort comme un sommeil provisoire dont il vient nous délivrer. Il nous en délivre par la foi en Lui, Vrai Dieu et Vrai Homme. Cela suppose de l’écouter, de mettre notre confiance en ses Paroles de vie et d’amour. En pleurant sur Lazare, peut-être que Jésus pleure plus en encore sur la mort de ceux qui s’endurcissent à ne pas vouloir l’écouter, comme il a pleuré sur Jérusalem. Dieu ne veut pas le mal, et s’il le permet, c’est pour le vaincre à la racine en Jésus-Christ.

«  Moi, je suis la Résurrection et la Vie, quiconque vit et croit en Moi ne mourra jamais, crois-tu cela ? » Marthe est bien loin de tout comprendre, comme nous, du reste, mais elle écoute son cœur plus que sa raison : « oui, tu es le Messie, je le crois ; tu es le Fils de Dieu… » Quand le cœur est ouvert, tout devient possible, Dieu nous offre un avenir, et un avenir éternel. C’est le sens du baptême que nous avons reçu, que beaucoup vont recevoir la nuit de Pâques ; notre baptême est actualisé à chaque Eucharistie que nous vivons avec amour, le cœur bien disposé, c’est-à-dire ouvert au pardon qu’il nous donne dans le sacrement de réconciliation. Que Marie nous aide à grandir toujours davantage dans cette foi des petits et des humbles.